Art documentaire

Art documentaire

L’art documentaire : le mouvement artistique oublié

Le mouvement artistique qu’est l’art documentaire fait l’expression vivide des réalités difficiles.

Bien qu’il soit quelque peu passé sous silence, l’art documentaire va à l’encontre de plusieurs conventions en offrant un regard particulier sur des contextes peu esthétiques. Il vise d’abord et avant tout à nous représenter des réalités inconnues ou à nous rappeler certains pans importants de l’histoire. On attribue généralement l’apparition de ce style à l’artiste Julian Trevelyan.

À la fois peintre , graveur et collagiste, celui-ci a su coucher sur tableau sa vision de la Grande-Bretagne pendant la dépression des années 30. Voici comment l’art documentaire exemplifie le figuratif dans l’une de ses formes les plus brutes.

Observer les masses

À sa manière, l’art documentaire se dissocie de deux autres courants très présents à l’époque de sa mise au point : le surréalisme  et l’art abstrait.

Jugés trop nébuleux pour bien représenter la période de grande noirceur qui déferle sur le Royaume-Uni, ces deux mouvements sont mis à l’écart par Trevelyan au profit d’une expression plus rigoureuse. Ce changement radical de perspective lui permet de se pencher avec plus d’exactitude sur les bouleversements qui caractérisent la décennie.

D’abord articulé sous forme de tableaux peints, l’art documentaire fait bientôt les frais des autres techniques maîtrisées par l’artiste britannique. Tranquillement, des éléments du collage  et de la gravure viennent d’ailleurs s’y imbriquer.

La grande particularité de l’art documentaire réside toutefois dans la manière qu’a l’artiste de récolter son inspiration. À l’instar de l’anthropologue, celui qui est mû par ce style artistique se rend sur les lieux qui piquent son intérêt. Tout en prenant le pouls du moment, il n’est pas rare que ce dernier s’adonne à la photographie , ce qui permet de relever des détails autrement trop discrets.

C’est de cette façon que Julian Trevelyan illustre les soubresauts de la vie ouvrière sans l’embellir.